New Canaan

Dots, lines, patterns

One foot isn’t enough to walk with

Les Cans se tiennent à Baltimore en équilibre au bord du gouffre. Alors que Belmont et de Beauchamp sont persuadés de marcher au cœur des ténèbres, dans un enfer sanglant provoqué par la présence sous terre d’une puissance maléfique, les autres s’en tiennent à des considérations plus sensées et pragmatiques. Continuer à risquer ici son existence a-t-il le moindre intérêt dans la guerre contre le Dominion ? Comment trouver Aemos afin de pousser Verdana vers le trône d’Atlantic City  en dépit de l’hostilité de Winthrope et de la menace bien concrète représentée par les Yaotzin ?

Belmont et, vraisemblablement, de Beauchamp pensent que les priorités ont changé et que le mal qui imprègne Baltimore étouffe toute autre préoccupation. C’est cette force qui est suspectée d’avoir détruit Rhadamanthus et le Comte Exeter, capable de manipuler les esprits, d’instiller l’effroi au travers d’une simple photographie.

De Beauchamp affine sa théorie quant aux Yaotzin : s’ils sont toujours garants de la relative stabilité de la région, ce n’est pas en tant que nobles défenseurs de la création contre un démon. Ils étanchent la soif de la Bête par des sacrifices et des massacres, la gorgent de sang pour l’apaiser. Serviteurs ou gardiens, la limite devient floue. Mais il n’est plus question de leur faire confiance ni de négocier : il est à peu près certain que tout vampire tombant entre leurs mains sera jeté en pâture à leur sombre dieu.

Les rues de Baltimore

Il est décidé de contacter Chandlers, le croisé allié au Chien qui résiste aux Yaotzin en s’appuyant sur une pratique de la foi Lancea Sanctum la plus radicale et doloriste. Son combat est celui d’un dieu vengeur contre les horreurs infernales et l’église de Westminster Hall est son temple.

Lieu de culte à la réputation sulfureuse, Westminster Hall est une église néo-gothique du XIXe siècle en plein centre ville mais le site abrite avant tout un cimetière, des caveaux et des catacombes. C’est ici qu’Edgar Allan Poe est inhumé, témoin silencieux du drame permanent de Baltimore.

L’église est une forteresse assiégée placée sous étroite surveillance. Wilde privilégie l’approche directe et déclenche le combat avec les gangers Yaotzin en poste devant le bâtiment. En quelques secondes, les rafales de balles et les démonstrations de pouvoirs se déchaînent au mépris de la Mascarade et de policiers opportunément aveugles. Dickens, Wilde et Doolin entrent en Frénésie et déchiquètent les Yaotzin pendant que Belmont s’insinue dans l’église.

Westminster Hall est une base d’opérations complète évoquant le fort Armistead du Chien. Accompagné d’un Gangrel monstrueux, Chandlers paraît enfin et Belmont sait que son effraction peut conduire à sa destruction en quelques secondes. Il décide d’être franc, dans la mesure du possible, et d’invoquer l’intérêt infiniment supérieur de la lutte contre le mal qui ronge Baltimore en exploitant la phraséologie manichéenne du Lancea Sanctum. Tandis que le combat fait rage à l’extérieur, Belmont se présente comme un être dont l’existence est guidée par la lutte contre les ténèbres et dont l’histoire du sang est celle du parfait sacrifice pour remporter la victoire. Entre blasphèmes involontaires et métaphores bancales, il suscite suffisamment l’intérêt pour ne pas être immédiatement exécuté.

Belmont offre de se joindre à Chandlers pour participer à sa guerre sacrée. Il reste à voir quels bénéfices pourront être tirés de cette alliance tortueuse et si les Cans acceptent les concessions qu’elle implique.

Baltimore et Westminster church

Il ne t’a pas fallu longtemps pour plier le genou devant le Faux Dieu, Belmont. Celui qui a banni les mots de pouvoir et éradiqué ton peuple. Nul doute que tu sers un intérêt supérieur. Espérons pour ta dignité qu’il ne s’agisse pas seulement de sauver ta peau.

Wicked weapons for the weaks

Nous sommes plusieurs à partager des atouts et faiblesses similaires. Discrets et manipulateurs mais faibles et maladroits. Le sacro-saint combat au corps à corps à coups de griffes et de cabrioles n’est pas pour les crevettes exsangues qui tapent à 2 max en Force et Dextérité. Quand bien même nous parviendrions à porter un coup, il serait inefficace contre un adversaire taillé pour la bagarre et nous nous retrouverions dans une position très dangereuse.

Heureusement, le génie humain a parlé et il faut concéder que nous, les faibles, devons perdre en superbe pour gagner en efficacité. C’est là que les flingues entrent en jeu.

Ce petit crash course est à destination des victimes que nous sommes, contraintes de baisser les yeux quand on nous grogne dessus ou de bafouiller des excuses quand un policier municipal armé d’une matraque nous souhaite bien le bonsoir.

Je pars du principe que nous avons une Force et une Dextérité de 2. En dessous, tout usage d’arme à feu devient de toute manière compliqué, que ce soit pour d’évidentes raisons de précision ou parce que le poids et le recul de l’arme nécessitent de pouvoir la manipuler sans la faire tomber par terre.

La stratégie est la suivante. Comment trouver une arme possiblement optimale pour des gens comme nous, susceptibles d’être confrontés à humains et vampires dans des confrontations à courte portée. Il faut concéder de craquer ses 2 XP pour obtenir Firearms mais ça vaut le coup.

Bang!

La base du tir est Dextérité + Armes à feu (Firearms). Les dommages infligés correspondent au nombre de succès + dommages spécifiques de l’arme.

Plusieurs paramètres influent sur ce type d’action. Les dommages étant directement reliés à la qualité de la réussite, il faut absolument les prendre en compte pour délivrer le maximum de dégâts :

  • Portée : -1d à portée moyenne, -2d à longe portée.
    Il faut tirer à courte portée.
  • Force : -1d par point de différence entre la Force du tireur et la Force requise par l’arme.
    Il faut une arme légère (Force 2 max).
  • Rafale / Autofire :
    La rafale courte short burst est à privilégier car elle n’impose que rarement un prérequis de Force susceptible d’annuler son effet. Par ailleurs, elle consomme peu de balles.
    • Short burst : 3 balles, 1 cible, +1d
    • Medium burst : 10 balles, 3 cibles possibles, +2d – (nombre de cibles)d, 1 jet par cible, contrainte de Force supplémentaire
    • Long burst : 20 balles, pas de limite de cibles, +3d – (nombre de cibles)d, 1 jet par cible, contrainte de Force supplémentaire
  • Viser / Aiming : +1d par tour passé à viser, +3d max
    Si on en a la possibilité, viser préalablement la cible depuis un point discret

On doit donc trouver une équilibre entre la puissance intrinsèque de l’arme (ses dommages propres) et la qualité de réussite du tir (des dommages possibles). On voit rapidement que les armes puissantes sont lourdes et requièrent au moins 3 en Force. Trop lourd, on va se concentrer sur du Force 2 max (la règle implicite est que la Force requise = Dommages-1).

On a dans la catégorie revolvers le .357 Magnum (comme un Smith & Wesson Bodyguard) avec un beau Dommages 3 mais seulement 6 coups. Le meilleur compromis en ce qui nous concerne, d’autant qu’il se cache bien (Size 1/S, donc il se planque sous un t-shirt large).

Chez les semi-auto, ou autoloaders, le .45 ACP (avec un modèle comme le Beretta Cougar 8045) et le H&K SOCOM Mk23 s’imposent avec leur courte portée à 30 m, Dommages 3 et 13 munitions. Le H&K existe en version militaire avec des accessoires de visée mais il est quand même un peu interdit, un peu cher, un peu grand (rentre dans une veste quand même).

Avec les pistolets mitrailleurs / submachine guns, on rentre dans le monde de la rafale. On va se concentrer sur les armes requérant une Force 2 en rafale courte pour bénéficier sans malus du +1 à l’attaque. Un classique .45 ACP (comme le H&K UMP) a une portée courte à 30 m, Dommages 3, 30 munitions mais massif (Size 2, pas dissimulable).

Le FN P90 attire l’attention. Certes Dommages 2 seulement mais confortable, mignon comme un bébé bouledogue, une portée courte à 40 m, 50 munitions, dissimulable dans un long manteau et surtout les munitions 5.7 mm FN ont Armor Piercing 2 (elles ignorent 2 points d’armure de la cible).

On va aussi s’intéresser au RSA Bizon-2, similaire, dissimulable, sans Armor Piercing mais avec 64 munitions.

L’Ingram Mac10 était l’idée d’origine mais le machin est tellement énervé et rapide qu’il ne tire pas à moins de Medium burst et requiert une Force de 4 direct. Hors sujet.

J’écarte les fusils et carabines, trop encombrants et les fusils à pompe requérant trop de Force.

En termes de fusils d’assaut, c’est le Steyr AUG qui sort du lot, avec Dommages 4, Force 2 en one shot et short burst, Size 2 et dissimulable dans un manteau, 42 munitions, portée courte à 150 m. Imbattable.

Matos

Comme le suggèrent les munitions 5.7 mm FN, certains équipements influent sur la précision du tir ou les dommages infligés.

Les balles à fragmentation infligent Dommages+1 contre les créatures vivantes ou mortes non protégées mais si la cible a une Durabilité ou une Armor, l’effet de cette protection est triplé. Inapplicable aux calibres nativement Armor Piercing comme le fameux 5.7 mm FN du FN P90 mais ça irait très bien sur un Steyr AUG.

Mêmes avantages avec les balles à tête creuse (Dommages+1) et pénalité de 2d contre les cibles protégées par Durabilité ou Armor. Et une portée amoindrie, donc des tirs à moyenne et longue portées à -3 et -5. Mais ce n’est pas l’idée.

Un guidon en fibre optique accorde +1d au tir si on prend au moins un tour pour viser.

Une visée laser accorde +1d au tir, diminue le malus de moyenne portée à -1d, est autorisé pour les rafales courtes (short burst) mais pas les medium ou longue. Le faisceau est visible et la cible dispose d’un bonus de +1d au test de Wits + Composure pour éviter la surprise.

And the winner is…

J’opte pour un Steyer AUG (Force 2 en one shot et short burst) utilisé à courte portée en short burst (+1d contre cible unique à moins de 150 m) monté avec guidon fibre optique (+1d avec un tour de visée) OU visée laser (+1d à courte portée) et des munitions 5.56mm NATO à tête creuse (+1d de dommages).

Un tireur avec un Dex 2, For 2, Firearms 1 peut donc avec ce matos tirer à 3 +1 (short burst) +1 visée laser, soit 5d. Il inflige à sa cible les réussites +4 +1 (tête creuse), soit au moins 6 sur une cible non protégée.

On n’oublie pas qu’un point de Volonté donne 3d à une action, 1 point de Vitae +2d à tous les attributs physiques (dont la Dex) pour un tour. Un vampire pas radin de Blood Potency 3 peut donc dépenser 3 Vitae (+6d) pour donc arriver à 5 + 3 (Volonté) + 6 (Vitae), soit 14d, qui donnent 3,4 réussites en moyenne : 8 points de dommages à la louche.

The only thing that is humiliating is helplessness

Doolin, Belmont, de Beauchamp et Wilde, paralysée, sont dans le refuge militarisé du Chien, au Fort Armistead. Winthrope a indiqué qu’il ne négocierait pas la restitution d’Aemos mais Doolin et Belmont envisagent d’autres angles d’attaque en s’intéressant aux partenaires du Chien : Doolin pense à Gambione et Whitehead, les malfrats du domaine, tandis que Belmont considère Chandlers, le fanatique religieux en guerre contre les forces impies des Yaotzin.

Cette tentative de contournement ne plaît pas à Winthrope qui impose son autorité naturelle à Belmont, le soumet et l’humilie. Le Mekhet ne s’en remet pas et son attitude froide et mécanique cède la place à une agressivité et une grossièreté inhabituelles.

De Beauchamp propose une autre approche et envisage de s’allier avec les Yaotzin au nom d’une haine commune du Dominion. Belmont combat hargneusement cette idée, certain que les Yaotzin sont des créatures dégénérées qui n’ont que faire de la politique et cherchent uniquement à réveiller un mal ancien couvant sous la terre de Baltimore. De Beauchamp avance au contraire que les Yaotzin cherchent à contenir cette menace, pas à l’inviter sur Terre, et qu’ils agissent comme protecteurs, au même titre que les célèbres sorcières de Salem. Le Circle of the Crone et ses rites immémoriaux auraient toujours été réalisés pour lutter contre la chose prête à déborder dans la région. Plus précisément, à Holly Creek, sur la Patapsco River.

Exactement l’endroit où les Cans se retrouvent fortuitement. Car De Beauchamp les y a emmenés en voiture, répondant inconsciemment à l’appel de la force contre laquelle ceux de son ordre sont pourtant mis en garde. Les marécages de Holly Creek où réside également le cœur de l’implantation des Yaotzin sont imbibés de ténèbres. Ils ne s’appartiennent pas. Quelque chose ici a étendu sa main sur toute chose morte et vivante et en a fait son domaine, son corps. Une créature manipulée par ce mal fondamental attaque les Cans, un Nosferatu dont le regard d’argent évoque le visage terrifiant de la sorcière censée avoir détruit Rhadamanthe et le comte Exeter. La source du chaos vit en ce bourbier perdu et c’est lui que Belmont perçoit avec une parfaite acuité.

Ne s’agitent pas ici seulement les démons de la Duat qui ont justifié le sacrifice des prêtres de Seth et la lutte millénaire des guerriers Mekhet contre les forces invisibles, mais un seigneur parmi les seigneurs, une obscurité primordiale, une insulte vomie au visage de ce qui vit sous la lune et le soleil.

Belmont incarne cette nuit l’impuissance et la soumission car s’il sait qu’il croise enfin le chemin de l’Ennemi mythique dont il porte la haine dans le sang, il découvre également qu’il n’est pas de taille. Pas seul.

Doolin et de Beauchamp sont plus solides, déterminés. Il faudra parler aux Yaotzin de Holly Creek ou de Cherry Hill, dont il apparaît qu’il s’agit peut-être du seul rempart entre le démon et la ville de Baltimore.


Tu n’as pas le monopole du bon vieux combat entre la lumière et les ténèbres et tes paraboles poussiéreuses viennent de te sauter à la face american-style. Que vas-tu faire de ça ? Et si tu demandais aux Walkiries si quelque chose dans les coffres de Musicbox pourrait t’aider ? Ça et un Benelli. Good boy.

If you defy an enemy by doubting his courage, you double it

Baltimore a un temps fait figure de refuge après la chute de Washington de la main du Senex en 1974. C’est ici que Persival James Winthrope est censé s’être installé avec son captif Aemos, dans le quartier de Lexington, ignorant du destin sinistre de la ville.

Baltimore est aujourd’hui une terre sacrifiée, dévastée par la sauvagerie païenne et les rituels sanglants qui imbibent ses ombres. La ville est un bourbier maléfique que le Dominion préfère ignorer, tant pour oublier l’échec cuisant que représente sa perte aux mains de barbares que pour éviter d’exciter les forces obscures qui sont ici à l’œuvre.

La nuit du 21 décembre 2012, date consacrée comme marquant la fin apocalyptique du Quatrième Âge selon les croyances Maya et Olmèques, une horde impitoyable se déversa dans les rues, les refuges, les Elysiums de la ville et balaya la moitié des membres de la Famille. En quelques heures, Baltimore devint Mictlàn, incarnation terrestre de ce lieu de mort, enfer pourrissant et souterrain où s’accumulent les défunts si l’on en croit les traditions aztèques. Les valeurs de la civilisation vampirique s’évanouirent dans une effroyable explosion de violence tandis que les mystérieux assaillants étrangers, les Yaotzin, investissaient la cité pour en occuper les lieux auxquels leurs croyances accordaient quelque pouvoir mystique.

Mictlantecuhtli et Quetzalcoatl, selon le Codex Borgia.

Si Mictlàn est le séjour des morts placé sous l’autorité du cruel dieu des enfers Mictlantecuhtli, il serait également à l’origine de l’humanité actuelle animée à partir des ossements qu’en aurait ramenés le dieu Quetzalcoatl. Le terme de Yaotzin semble quant à lui faire référence au « guerrier ressuscité », Huitzilopochtli, dieu aztèque de la guerre et du soleil. Il est ainsi malaisé de saisir au milieu de ces allusions religieuses les motivations réelles des Yaotzin mais leur désintérêt pour les richesses temporelles de la ville semble indiquer que Baltimore revêt une importance magique particulière, que ses profondeurs recèlent une source de puissance obscure de nature à intriguer l’Ordo Dracul et alerter les Mekhet qui savent encore à quelle fin ils ont été créés.

La vague sanglante des Yaotzin soutenus par des gangs fanatisés a écarté le Dominion de Baltimore mais une résistance féroce subsiste. Depuis le quartier de Dundalk, le Chien de Guerre, ancien serviteur du Baron Orloc, refuse d’abandonner sa ville. Avec une poignée de compagnons, Joseph Cambion, Archibald Winston, Lucien Gabriel Chandlers, Amos Whitehead et Parsival Winthrope, le vieux chien tente de rendre coup pour coup.

Dickens, Doolin, Wilde et Beaumont établissent le contact avec la horde du chien au Fort Armistead, ruine d’une fortification militaire côtière visitée par des amateurs d’urbex en quête de sensations fortes. Des heurts avec la faune locale sont inévitables et Andrea Wilde libère enfin la Bête qui la consume. Le sentiment d’impunité baignant ces lieux saturés de mort et de violence, le danger omniprésent et les provocations ont vraisemblablement conduit la Daeva à convoquer la déesse assoiffée de pouvoir et de sacrifices qui dort dans le sang de ces vampires imprévisibles. Le carnage est retentissant et Belmont met Wilde en sécurité après que la sécurité du fort l’a neutralisée.

Fort Armistead

Pendant ce temps, Doolin et Dickens s’introduisent dans le fort et parviennent à rencontrer le chien dans un bunker sécurisé aux airs de QG de bataille. L’homme étonne par son pragmatisme et son dévouement compte tenu de la mission désespérée qu’il s’inflige et permet à la Coterie de s’entretenir avec Parsival Winthrope. Son protégé dans le cadre de cette guerre, son supérieur si un jour la situation devait revenir à la normale.

La discussion est presque franche. La coterie veut Aemos et prétend rétablir l’honneur et la crédibilité de Milton. Mais les motivations réelles des Cans importent peu à Winthrope qui sait parfaitement que laisser échapper Aemos le priverait de son seul moyen de pression sur Verdena, permettant à l’Ancienne de peser sans contrainte sur Atlantic City et tout le Dominion. Winthrope n’est pas fou, il ne concédera rien et établit poliment que les Cans représentent désormais pour lui une grave menace.

De toute manière, cette joute n’a que peu d’intérêt. Aemos est inaccessible, sans doute encore perdu quelque part dans l’ancien siège du pouvoir de Baltimore, le quartier de Lexington, ravagé puis délaissé par les Yaotzin qui n’y trouvèrent sans doute pas les troubles lieux sacrés qu’ils convoitent.

Si les Cans veulent Aemos, ils devront le chercher et plonger dans le chaos et la folie tout en sachant que Winthrope mettra tout en œuvre pour les neutraliser.

Tant de morts pour s’approprier des lieux de pouvoir au nom de traditions immémoriales. Comment ne pas voir dans les menées des Yaotzin la même obsession de Carlile pour les secrets souterrains de New York. Le sang versé ne peut servir qu’une seule cause : abolir la frontière entre les mondes, inviter sur Terre les créatures infernales qui violeront l’équilibre naturel, la Balance des Deux Terres. Mais tu sais que tout cela est réel, Belmont. Te voilà enfin face à tes responsabilités. Le temps des palabres est révolu car ton antique destinée doit désormais s’accomplir. Quel Khaibit fidèle à Seth ne rêverait pas de ce combat contre les menaces de l’infra-terre ?

Listen with kindness a clear explanation

Dimanche 22 janvier 2017

Tandis que de Beauchamp, Doolin et Belmont piétinent sur la scène de crime qu’ils viennent de provoquer sur la route traversant la Middle Creek Wildlife Management Area, Wilburn Dickens est auprès du Scribe Billie à Bethlehem et Stuart Hopkins poursuit à Philadelphie ses recherches occultes sur la déesse maléfique suspectée d’avoir entraîné la mort de Radamanthe et du Comte Exeter. Tous deux sont contactés par Belmont qui leur expose froidement la situation : la guerre est déclarée et les Cans ont commencé à accepter de prendre des risques. Ils ont deux cadavres de policiers sur les bras, doivent abandonner leur voiture et quitter les lieux.

La coterie se rassemble et définit deux objectifs. Victoria ira à Groton pour fournir aux Valkiries les informations relatives aux menées du Déchu, Zhao Xiangjun, qui traque les héritiers de Radamanthe pour le compte du Dominion et les autres iront à Atlantic City pour appuyer Doolin et promouvoir l’ancienne Verdana. Les signes et marques secrètes de la Cacophonie révèlent que Minoa est aux mains des Milford. L’Avus, Thomas Milford, Gardien de la Mascarade, ne manquera pas de découvrir bientôt des éléments sur les trésors de Radamanthe. Le temps presse.

Atlantic City est un endroit triste et défraîchi, accumulation d’aberrations architecturales et d’échecs immobiliers vendant du rêve périmé. La coterie rencontre Carlos Sanchez, accompagné de Carvallo, goule de Number, Sheriff d’Atlantic City auparavant au service du Comte. Sanchez est un être coloré et glorieusement vénal. Il s’amuse de la spontanéité avec laquelle la coterie s’ouvre à lui de son projet de renversement d’Enoch Johnson dont la prise de pouvoir sur Atlantic City est officielle depuis quelques heures. Néanmoins, il écoute et imagine sa place, sans doute comme boutiquier de la cité, si Verdena venait à accéder au pouvoir. Aussi concède-t-il la divulgation d’importantes informations susceptibles d’attirer l’attention et la sympathie de Verdana.

Verdena a déjà été poussée vers le pouvoir par le passé mais cela s’est mal fini. Empoisonnée et plongée en torpeur, son amant et infant Aemos fit route vers l’Europe pour trouver un remède à son mal. Mais l’Ajax, le navire qu’Aemos utilisa, un bâtiment de la Pose des Poternes, fut intercepté et le protégé de Verdena enlevé. Fait intéressant, le capitaine de l’Ajax, nommé Milton, fut discrédité dans la foulée par les Cardigan, la famille montante de New York après l’arrivée de Carlile.

La coterie pense que retrouver Aemos, censé avoir été retenu à Washington puis déplacé à Baltimore après la chute de la ville en 1974, permettra de s’attirer les faveurs de Verdena et donc celle d’Ohrid, dont le nom évoque une cité antique macédonienne. Un pas important vers la déstabilisation du Dominion dans la région.

Sanchez révèle que le capitaine humilié de l’Ajax est le Milton qui sert comme Sénéchal du Comte Lennox, à Johnstown, petite ville miteuse de la Rust Belt. Un chef de gang de motards, les Sons of Liberty. Bien sûr, si la situation politique d’Atlantic City venait à évoluer favorablement, il attend une généreuse rétribution de la part de la coterie et une place de choix sur le nouvel échiquier. Il craint toutefois la violence de la réaction de Verdena à l’égard du Dominion, alors que la coterie l’attend au contraire secrètement avec impatience.

La coterie trouve Milton dans un roadhouse au parking envahi de Harley-Davidson. Il règne sur sa cour de bikers comme un roi des temps anciens mais son apparence sauvage et tapageuse n’éclipse pas son intelligence et sa prudence. Surpris et agacé par l’attitude directe et voyante de la coterie, il écoute néanmoins la proposition qui lui est faite. Sa haine des Cardigan est telle qu’il est prêt à armer ceux qui voudront nuire à ses ennemis mortels.

C’est le Duc Penbroke, maître du Dominion il y a un siècle qui a commandité l’assaut de l’Ajax. Le Duc n’avait sans doute aucun intérêt à voir Verdena, vampire de Rome, sortir de torpeur. Il envoya à cette fin Persival James Winthrope pour couler le navire, massacrer tous les mortels et capturer les vampires. Libéré par le Comte Lennox auquel il doit son actuelle existence, Milton fut politiquement anéanti par les Cardigan et ne put jamais témoigner de ce qu’il avait vu sur l’Ajax. Il pense qu’Aemos a suivi Winthrope de Baltimore à son nouveau refuge de Lexington et qu’il s’y trouve peut-être encore. Une hypothèse probable si Winthrope sert une puissance supérieure qui pourrait avoir un intérêt à disposer d’un moyen de pression sur Verdena. C’est une piste précieuse : investir le refuge de Winthrope à Lexington permettra peut-être de retrouver Aemos et, en un même mouvement, de prouver à Verdena sa valeur tout en attisant sa haine de l’ordre en place.

Enfin, la coterie apprend que Neolin, retrouvant la réserve d’Union Springs dont il est originaire gangrénée par le commerce et les jeux d’argent, est entré en frénésie et a ravagé le casino de Lakeside Entertainment.

Cet Aemos. Un Égyptien, natif d’Alexandrie, qui a vu de ses yeux l’antique Kemet. Tu sais aussi bien que moi que tu devrais le garder sous la main avant de le restituer à Verdena. Juste un moment, quelques heures, une nuit. Pour nous deux.

 

Musique de fond : Septic Flesh – Titan, incl. Order of Dracul.

Knowledge is not necessarily wisdom

Comme prévu, Doolin, de Beauchamp, Wilde et Belmont décident d’approcher la faction des Walkiries en vue d’une possible collaboration grâce à l’agent Gordon, le combattant qu’ils ont trouvé reclus dans les profondeurs du refuge de Rhadamanthe. L’agent Gordon révèle que les Walkiries avaient noué une alliance avec le Nosferatu, aka Musicbox, afin de cacher et de protéger de la convoitise de toutes les factions occultes une collection d’objets dont une utilisation inconsidérée serait de nature à mettre en danger l’humanité. Gordon apprenant la destruction de Musicbox affirme que la situation est désormais critique.

Après s’être extraits du bâtiment, tous gagnent la tranquillité d’un casino de la périphérie de Syracuse, le Yellow Brick Road Casino, tout proche de Mycenae et Minoa. Une discussion courtoise s’ensuit et la coterie se pose clairement comme intermédiaire et alliée des Walkiries en vue de maintenir le statu quo, c’est à dire s’engager à poursuivre ou soutenir la mission de Rhadamanthe et conserver ces secrets. La Coterie met en garde Gordon et sa hiérarchie contre le Dominion qui ne peut pas être considéré comme un allié fiable dans l’accomplissement de cette tâche capitale. La soif de pouvoir des Anciens, les folies de Carlyle les conduiront à franchir la porte de la cache de Rhadamanthe pour faire main basse sur les artefacts qui s’y trouvent. La Coterie est peut-être faible mais elle gardera le silence si l’alliance avec les Walkiries est solide et elle représentera les factions de bonne volonté désireuses de protéger ces trésors.

Alors que Wilde mange un œuf mimosa, Gordon explique que l’immense groupe Elysium vient d’être absorbé par l’insignifiante société Top Water Marine Inc. et sa direction transférée à ses responsables. Une minuscule entreprise de vente et de location de bateaux à Goldsboro, sur les rives de la Susquehanna, à deux heures de Bethlehem. La coterie se propose de découvrir quel immortel se cache derrière cet société et a hérité des biens de Rhadamanthe. En échange de cette information, les Walkiries commenceront à prendre la coterie au sérieux. Belmont fournit à l’agent Gordon un moyen de contact via une société de maintenance électrique de NYC.

En faisant route vers Goldsboro, la Coterie saisit que cette bourgade est située juste en face de la célèbre Three Mile Island Nuclear Generating Station, une centrale nucléaire théâtre d’un grave accident en 1979. Cela ne peut pas être un hasard. Le lieu est connu pour être le havre d’une secte de Nosferatu. Comme Rhadamanthe.

Three Mile Island

Sur place, la rivière Susquehanna est le théâtre d’une intense activité nocturne. Un cordon de bateaux s’affaire entre le quai de Top Water Marine et le site de la centrale nucléaire transformé en chantier. Des dizaines d’hommes s’emploient à démanteler une partie de Three Mile, répondant apparemment aux ordres d’un Daeva asiatique new-yorkais, nommé le Chinois ou le Déchu, auquel Wilde se heurte rapidement. La situation ne dérape pourtant pas et Doolin, de Beauchamp et Belmont qui s’étaient insinués dans les locaux de la petite boutique au parking envahi d’ouvriers rejoignent Andrea et fondent sur l’homme à qui le Déchu enjoignait de hâter ses opérations.

Belmont vérifiera plus tard ses dossiers et il acquiert la certitude que le Déchu est Zhao Xiangjun, empereur de Pékin en exil, nouveau maître de China Town après avoir évincé son ennemi, Sai Wing Duck, leader de la triade des Ghost Shadows

Menacé par un défilé de vampires depuis le début de la nuit, cet asiatique crotté, suant et apeuré concède être le propriétaire de TWM et, de fait, de l’empire de Rhadamanthe. Il craque aisément sous l’influence de Doolin. Il est un serviteur d’un puissant Nosferatu caché sur le site nucléaire, Sarkoy, et le Dominion fait désormais tout pour l’affaiblir, à commencer par la destruction de son refuge. Sarkoy est selon toute vraisemblance l’héritier légitime des biens et de la charge de Rhadamanthe mais il est en fuite. La Coterie fournit les moyens à cet homme et à son maître Sarkoy de les contacter car les Walkiries pourraient sans doute mobiliser leurs ressources pour assurer leur protection et rebâtir, ensemble, le projet de Rhadamanthe. Rendez-vous est immédiatement pris à Newark avec l’agent Gordon.

Mais les Bets ne vont pas loin. Après l’injuste redressement fiscal imposé au motel des Cans, après l’explosion d’un prétendu QG d’ISIS à Trenton qui a affecté les biens de Seigneur Darren, la Honda Civic de Belmont est arrêtée par la police locale, dans les bois. Quelqu’un souhaite manifestement délivrer un message aux ennemis du Dominion.

Non sans mal, la Coterie y répond en laissant sur le bord de la route deux cadavres exsangues frappés de balles en plein visage. Pour les Bets et les Cans, la guerre pour l’héritage de Musicbox est déclarée.

Mts Adirondak – 8 août 2000

L’ordinateur de Gordon conservé par Wilde fournit un aperçu des centres d’intérêt des Walkiries. On y retrouve notamment des documents et des vidéos relatives à l’observation inexpliquée d’une formation lumineuse en V au-dessus des monts Adirondak le 8 août 2000. Une manifestation ufologique qui fait encore parler d’elle.


C’est très noble tout cela, Belmont. Je te félicite de n’avoir pas un seul instant pensé à arpenter les couloirs de l’entrepôt aux merveilles de Musicbox pour y  trouver quelque trace de notre glorieux passé.

One should do nothing with a false heart

Temporairement réfugiés dans le motel de la Coterie de Bethlehem, Wilde, Doolin et de Beauchamp voient arriver Hopkins, Belmont et Dickens avec leur prises : Billie, en mauvais état, Will Tenders en torpeur et un mystérieux objet auquel Belmont s’accroche avec une étrange excitation. Le rôle de scribe de Billie aux ordres d’un hypothétique et lointain vampire est dévoilé, suggérant que Cypher et tous les acteurs de la lutte contre le Dominion opèrent peut-être dans l’intérêt d’une entité supérieure, ou sont aidés par elle dans leur projet. Assistance, manipulation ?

Belmont révèle l’urne égyptienne contenant les restes d’un cerveau qu’il attribue à Nebetâh, fille d’Akhenaton, considéré comme une ancre, un relais nécessaire à la connexion entre Billie et son commanditaire, peut-être Nebetâh elle-même. Les Cans confient Tenders, Billie et l’urne à Carlito, et donc aux Bets. Ils projettent de remettre Billie sur pied et de rétablir la connexion via l’urne avec la mystérieuse créature qui le(s) manipule(nt).

Après avoir fait route vers Minoa et s’être fait remarquer suite à une chasse tapageuse, les Cans poursuivent l’exploration du bâtiment Elyseum, refuge de Rhadamanthus, et découvrent qu’il grouille d’activité. Tous parviennent néanmoins à s’infiltrer aux derniers étages du building, que ce soit en exploitant l’inattention des Mortels ou, au contraire, en se jouant d’eux en pleine lumière. L’ascenseur activé par une clé triangulaire conduit la coterie dans un réseau de galeries anciennes, attribuées aux Franc-Maçons qui ont également abondamment creusé et hanté les sous-sols de New York. Mais alors qu’ils avaient été arrachés à leurs recherches par la main invisible qui les avaient ensuite conduits jusqu’au refuge de Tenders à Allentown, les Cans progressent et se heurtent aux horreurs qui grattent dans ces coursives sombres.

Trois vampires monstrueux, manifestement amérindiens, surgissent et engagent le combat. Toute raison a quitté ces créatures qui semblent avoir été ensevelies un pieu dans le cœur depuis des siècles dans ces souterrains. Elles sont aujourd’hui libres et errent comme des animaux saisis de folie. Impossible de ne pas faire le lien avec l’ancien Gangrel Neolin réveillé sur Esopus Island. L’affrontement tourne en défaveur des Cans mais un nouvel acteur se joint au combat, un soldat, bien équipé, retranché dans une salle aménagée. Ce membre des Walkiries nettoie la scène à coups de munitions au phosphore.

Il est reclus dans sa planque depuis la destruction de Rhadamanthus et l’existence d’un accord passé entre les Walkiries et l’ancien Nosferatu se confirme. Il est décidé d’entrer au plus vite en relation avec cette faction militaire associée à la Naval Submarine Base de Groton.

Il est toujours question :

  • d’appuyer Doolin dans son implantation à Atlantic City,
  • de tenter de convaincre Verdena de prendre le pouvoir de la ville,
  • d’évaluer la situation des bas-fonds de New York soumis à Carlyle et la progression des Enfants de Belial,
  • voire de faire un raid sur L’Inherent, à Reading, le Club de Sylvia, infante de l’esclavagiste Charlotte Jackson. Pour le mettre entre les mains de Wilde, pour servir la cause d’Hopkins.

Par ailleurs, un échange téléphonique avec Seth de la Coterie de Bethlehem permet d’obtenir des informations sur les origines de Cypher. Il serait connecté à New Orleans et à un refuge de Carthiens, cette organisation vampirique censément progressiste, comportant de nombreuses preuves d’une activité terroriste : ces vampires projetaient d’assassiner des mortels influents au cours des années 70, dont Robert Kennedy.

Matriarche égyptienne, sorcière qui menace les Anciens, créatures de Noun remuant sous NYC. Il va falloir te mouiller, Belmont. Ou je prends les choses en main, que tu le veuilles ou non.

A house has the character of the man who lives in it

Samedi 21 janvier 2017

Après avoir fui de l’appartement de Will Tenders, à Allentown, les Cans s’interrogent sur la conduite à tenir en établissant quelques constats.

  • Une puissance ancienne, une sorcière, a peut-être détruit le Comte d’Exeter et Rhadamanthe et traque les enfants de Cypher, Bets et Cans confondus ;
  • Les Bets et les Cans se sont retrouvés dans l’appartement de Will Tenders qui les a appelés à l’aide, les convoquant par Majesté. Leurs souvenirs ont été effacés par Domination ;
  • Les Cans étaient en train d’explorer les souterrains sous la tour Elyseum de Minoa lorsqu’ils se sont éveillés chez Will Tenders ;
  • Le nom de Billie, un informaticien en charge de l’installation des mystérieux ordinateurs qui délivrent leurs informations aux coteries de Bethlehem et New Canaan, est au cœur des interrogations de Tenders ;
  • Quelqu’un a veillé à prendre en charge la situation, mettant Tenders, Cans et Bets à l’abri le temps que le danger s’éloigne.

Il est également rappelé qu’un certain O. Reed (Horrid, Orid ?) est prêt à apporter son soutien si l’ancienne Verdena pouvait être convaincue de reprendre le contrôle d’Atlantic City.

Si retourner dans les profondeurs du building de Rhadamanthe est tentant afin de terminer ce qui avait été entrepris, il est décidé de se concentrer sur les événements les plus récents et Billie. Quelques recherches révèlent qu’il s’agit de Billie MacKeenan, un ancien employé de la société Helpdesk Lelight KDG qui fut en charge de l’installation des Pentium avant de disparaître de la circulation.

Une question à son sujet sur le Pentium de Bethlehem révèle un comportement étrange de la machine : une fenêtre de dialogue jusqu’ici inconnue apparaît, indiquant que Billie serait sans doute à l’instant même en train de lire les requêtes saisies sur la machine. L’interlocuteur s’exprime de manière cryptique mais il est possible de comprendre qu’il s’agit d’une figure d’autorité, peut-être maternelle, de tous les vampires de Cypher. Il dit ne pas avoir beaucoup de temps, le soleil se lève (en Europe ?) et il semble avoir manipulé les événements à distance de manière mettre Tenders hors de danger. C’est incompréhensible et tout à fait inattendu.

Belmont voit ce détail comme un signe clair et puissant. Il se lance dans une embarrassante diatribe : si quelqu’un espionne cette machine et se présente de surcroît comme une figure d’autorité, l’honnêteté de Cypher est à questionner. Bets et Cans se sont toujours vus comme des rebelles, des contestataires épris de liberté, fédérés dans l’optique de renverser un Dominion sclérosé et corrompu. Mais découvrir que le référent de leurs actions contre le Dominion, Cypher, n’a jamais présenté ces machines autrement que comme d’étranges sources d’informations est suspect. Pourquoi n’a-t-il jamais parlé de cette force qui les espionne ou les protège ? Qui est derrière les Bets et les Cans ? Finalement, ces deux Pentium semblent si précieux et évidents que chacun de leurs messages, articles ou révélations est accepté avec déférence et gratitude. Ils sont des figures divines révérées qui dispensent le savoir comme bon leur semble, dessinent des pistes soigneusement digérées et proposent des réponses que les vampires de Cypher absorbent avidement comme s’ils s’abreuvaient à la Vérité même. Quel meilleur moyen de manipulation ? Tous les conflits sont plein de factions idéalistes armées et financées par des pouvoirs occultes qui, finalement, leur dérobent leur victoire. Toutes les religions de pouvoir sont encombrées d’intermédiaires et de rites dont le moindre mot a force de loi. Ces ordinateurs ne sont pas des alliés mais des œillères, des entraves, une interface d’assujettissement consenti.

Il est envisagé que Billie, aka Psychobillie, l’IT-guy nerd mal dans sa peau attiré par les sciences occultes de pacotille, soit le monstre machiavélique derrière tout cela mais son profil et ses dates finissent par rendre cette option ridicule. D’autant que retrouver sa trace à Philadelphie est parfaitement évident. Beaucoup de bruit pour rien.

Billie est découvert inconscient devant son PC, au milieu de notes en démotique égyptien. Son refuge est un appartement pathétique mêlant misère sociale et négligence crasseuse. Le lieu recèle pourtant des trésors bien plus précieux que ceux de nombre de Maisons de Vie ou de places sacrées des temps anciens.

Will Tenders est dans la salle de bains, en torpeur, ses graves blessures en voie de guérison grâce à des emplâtres au parfum de sagesse millénaire.

Billie est celui qui alimente les bases de données des Pentium. Il rédige de sa main toutes les entrées et répond aux questions qui lui sont posées. Le délai entre une requête et ses résultats ne correspond pas à un traitement ni à une recherche. Il s’agit du temps de rédaction et il semblerait que Billie joue ce rôle depuis des années, au péril de sa vie. Il n’est qu’un esclave épistolaire, une interface humaine, un canal qui délivre aux Bets et aux Cans des informations qui lui sont transmises par l’entité qui l’a réduit à cet état.

Au centre de la pièce, au milieu de colifichets ésotériques et de cartons de pizzas, une urne funéraire du Nouvel Empire égyptien trône. Elle contient les restes d’un cerveau. Une vision saisissante, absolument bouleversante si l’on considère le nom gravé sur cette objet sacré : Nebetâh, fille d’Akhenaton. Une figure centrale de l’histoire Mekhet. Cet objet n’est pas seulement un souvenir émouvant, il est témoignage, pouvoir, source de vie et de sapience.

Belmont fait de son existence le naos qui préservera de l’impureté cette relique marquée du sceau de Seth. Pas le Seth destructeur et chaotique mais le Seth dévoué qui, pour sauver le monde, condamna ses prêtres à évoluer entre la vie et la mort afin d’être épargné par les démons convoqués par le néfaste Akhenaton. Des héros sacrifiés pour Maât. Condamnés à la dislocation, à la faim perpétuelle du Ka, à être au milieu de la balance. Mekhet.

Pour celui qui croit en les signes et sait les lire, tissés entre les mondes d’En-Haut et d’En-Bas, Nebetâh est le vampire qui guide les pas de la coterie et lui communique sa volonté depuis son lointain refuge (Europe, Afrique de l’Ouest ?). Relayée par la puissance d’un objet significatif, une ancre, en l’occurrence cette urne, elle projette son esprit dans le corps d’un hôte, comme Billie, dont elle use et abuse jusqu’à l’épuisement.

Si Nebetâh est cette puissance tutélaire, il convient de lui fournir une nouvelle interface ou de plus simples manière de communiquer. Belmont est volontaire et tandis que Hopkins et Dickens subissent poliment les envolées  de leur collègue endimanché, ils prennent en main Tenders et Billie.

Un pan important de l’histoire secrète des coteries vient d’être révélé et fait écho à l’image redoutable de la sorcière qui nous menace tous. Il est temps pour toi de plonger dans l’oubli, j’ai à faire.

Au fait, Belmont. Ton costume de Born Again Sethite te va à ravir.

Killing floor

The Bets, the Cans, stuck in a coffin,

Slumber, daylight, striking all alike,

Torpor, horror, a dead cat in a bin,

Praise me, servant, I may give you a hike.

Après avoir accédé au sous-sol de la tour de l’Ancien Nosferatu Rhadamante à Minoa, Belmont, Doolin et Hopkins se retrouvent sans explication dans le refuge de Willy Tenders, en compagnie de Wilde, Dickens, et de Seth et Saint Jean, de la coterie de Bethleem. En plein Allentown, le fief de Cypher, celui qui les a unis dans la lutte contre l’hégémonie du Dominion avant de disparaître dans un accident d’hélicoptère. Il fait jour et ils sont éveillés, étrangement actifs mais affaiblis sans avoir la moindre idée de la manière dont ils sont arrivés dans ce repaire.

Un appartement de vampire, de revenant (quelle différence aux yeux d’Inpou ?), le sang d’un Neonate sur un couteau abandonné dans une salle de bains, Seth au flanc déchiré par les griffes d’une créature inconnue, les notes éparses de Willy Tenders concernant les affaires en cours qui retiennent l’attention des Canaanites. Et des Bethleemites. Une poignée d’heures d’investigation conduit les deux parties à saisir leur proximité et leurs différences. Alors que les Bets sont ancrés dans le terroir et l’histoire de leur coterie, sur les traces du destin de Cypher et les origines de la situation locale, les Cans courent après les conséquences immédiates de la destruction d’Exeter et de Rhadamante au Fulton Opera de Lancaster concomitant au réveil de Neolin. Les deux groupes se croisent et se manquent de peu, gravitant autour de Minoa.

Il est confirmé qu’Exeter et Rhadamante avaient rendez-vous à l’opéra et que cette opération intéressait au plus haut point Wynona, Bronson et Tenders. Il est possible que le groupement militaro-occulte des « Walkiries » comme les appellent les Bets, soit d’une manière ou d’une autre, un allié ou un partenaire de Rhadamante. Ces mortels notamment basés à New London sont capables de les détecter et de les neutraliser et auraient été en affaire avec Rhadamante au sujet de mystérieux objets. Marchands d’artefacts et d’anciens secrets ? Quel rôle dans les menées de l’Ancien Nosferatu et dans sa disparition ?

Surtout, une nouvelle force se dessine, peut-être la plus fondamentale et la plus redoutable de la partie qui se joue. Entre les indices collectés à l’opéra, les runes retrouvées chez Tenders et les souvenirs erratiques crachés par le Pentium de Bethleem, Bets et Cans saisissent qu’une chose ancienne traque les vampires des environs et se montre de taille à éliminer les plus puissants représentants de la Famille. Comme si une guerre oubliée reprenait après des siècles de somnolence. Une guerre qui prendrait ses origines dans la vieille Europe et aurait suivi les vampires qui ont émigré aux Etats-Unis. Qui est cette sorcière aux yeux de glace dont la simple photo peut pétrifier d’effroi ?

Quelque chose bouillonne dans les profondeurs de ce pays, Belmont le sait. Les Portes de la Duat tremblent et menacent l’équilibre entre haut et bas, entre vie et mort, entre ordre et chaos. Carlyle y travaille en étendant son influence dans les souterrains new-yorkais et la reine Erzebeth ressemble de plus en plus à une marionnette fabriquée de toutes pièces, un prête-nom derrière lequel il se cache. Quelque chose est à l’oeuvre, excitant les démons inférieurs qui s’agrippent aux lignes de force et au symboles authentiques pour se frayer un chemin vers la surface et se soumettre à leurs maîtres cachés. Les Fils de Bélial se répandent dans les rues, ne respectent ni le Sang ni le Domaine. Des enfants d’Apep.

Une fois une sortie sûre trouvée dans l’immeuble de Tenders, Bets et Cans, libérés, trébuchent sur un clochard porteur d’un message. Ils ont été sauvés et dissimulés par un mystérieux bienfaiteur qui a également porté secours à Tenders. Mais désormais, « elle » les traque. La sorcière.

Qui les a sauvés ? A quoi ont-ils échappé ? Qui est cette sorcière dont l’arrivée semble entraîner dans son sillage destructions et renaissances ?

Les légendes Mekhet parlent de déesses nées de la nuit qui portent leurs crocs à la gorge même du soleil, destructrices d’empires. Tu vois où je veux en venir, Belmont ?

Killing floor – Howlin’ Wolf (1964)

Skin O’ My Teeth

Vendredi 20 janvier 2017

3 h du matin, vendredi 20 janvier 2017, Minoa. La police et la FEMA enserrent encore le monolithe noir du siège d’Elyseum tandis que les ambulances font convoi vers l’hôpital Saint Joseph de Syracuse. Après avoir deviné l’existence d’un tentaculaire réseau de galeries dans les profondeurs du bâtiment, Belmont et Hopkins sont au sommet de l’immeuble qui s’ouvre sur une verrière, où les bureaux austères et luxueux du top management disposent d’un accès direct à un héliport. Les équipes de la police scientifique sont déjà passées, collectant autant d’indices qu’elles en ont semés en révélant avec force rubalises, tresses et marquages la silhouette en creux du massacre qui a ici eu lieu. Le personnel d’Elyseum a été exécuté, notamment Keegan Chomsky, senior executive, Elias Faraday, security officer et Peter Brook, personnel officer.

Dans leurs trois bureaux, des ascenseurs dissimulés conduisent dans les entrailles de la bête, une version renversée et obscure du bâtiment où pulse la présence entêtante d’un mal ancien. Définitivement, la vérité est en bas, à condition de disposer des clés à section triangulaire qui seules semblent pouvoir activer les ascenseurs. Elles sont sans doute encore en possession de leur propriétaire ou rangées dans le casier affecté à leur cadavre, à la morgue de Syracuse.

Rejoints par Doolin, Belmont et Hopkins découvrent qu’un hélicoptère a décollé il y a peu du sommet de l’immeuble, que le parfum de whisky révèle la présence d’au moins deux hommes susceptibles d’être parvenus à s’enfuir et qu’un sniper est caché dans une plate-forme suspendue à l’extérieur du bâtiment. Le tireur en planque est débusqué et chassé par Hopkins et Doolin qui le blessent sérieusement. L’homme parvient toutefois à s’enfuir en parachute, rejoignant un pickup de la Naval Submarine Support Facility rattaché à la Naval Submarine Base de Groton, à New London (CT). Ce type de véhicule a été repéré par la police sur plusieurs sites touchés par des désordres consécutifs à la mort d’Exeter et il est envisagé qu’il appartienne à une faction en lutte active contre les vampires.

La nuit suivante, il est confirmé que l’hôpital de Syracuse accueille les corps de Chomsky, Faraday et Brook, abattus d’une balle dans la tête, et d’un certain Ramirez, sans doute affecté à la sécurité. Discrétion et coups bas permettent d’obtenir les effets de Faraday et Ramirez : un téléphone, un calepin empli de notes en langue étrangère et une clé en obsidienne pour l’un, un taser et un pass de sécurité pour l’autre.

L’immeuble autour duquel gravite Minoa s’offre à Doolin, Hopkins et Belmont qui s’enfoncent dans ses profondeurs. Sous le bâtiment, un réseau plusieurs fois centenaire de couloirs et de salles hautement sécurisés malgré leur apparente déréliction. Je sais qu’ils ne sont pas seuls.

Sources : http://www.mdtech.fr/

Réservé aux Canaanites Montrer

Skin O’ My Teeth – Megadeth

Page 1 sur 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén