Les Cans se tiennent à Baltimore en équilibre au bord du gouffre. Alors que Belmont et de Beauchamp sont persuadés de marcher au cœur des ténèbres, dans un enfer sanglant provoqué par la présence sous terre d’une puissance maléfique, les autres s’en tiennent à des considérations plus sensées et pragmatiques. Continuer à risquer ici son existence a-t-il le moindre intérêt dans la guerre contre le Dominion ? Comment trouver Aemos afin de pousser Verdana vers le trône d’Atlantic City  en dépit de l’hostilité de Winthrope et de la menace bien concrète représentée par les Yaotzin ?

Belmont et, vraisemblablement, de Beauchamp pensent que les priorités ont changé et que le mal qui imprègne Baltimore étouffe toute autre préoccupation. C’est cette force qui est suspectée d’avoir détruit Rhadamanthus et le Comte Exeter, capable de manipuler les esprits, d’instiller l’effroi au travers d’une simple photographie.

De Beauchamp affine sa théorie quant aux Yaotzin : s’ils sont toujours garants de la relative stabilité de la région, ce n’est pas en tant que nobles défenseurs de la création contre un démon. Ils étanchent la soif de la Bête par des sacrifices et des massacres, la gorgent de sang pour l’apaiser. Serviteurs ou gardiens, la limite devient floue. Mais il n’est plus question de leur faire confiance ni de négocier : il est à peu près certain que tout vampire tombant entre leurs mains sera jeté en pâture à leur sombre dieu.

Les rues de Baltimore

Il est décidé de contacter Chandlers, le croisé allié au Chien qui résiste aux Yaotzin en s’appuyant sur une pratique de la foi Lancea Sanctum la plus radicale et doloriste. Son combat est celui d’un dieu vengeur contre les horreurs infernales et l’église de Westminster Hall est son temple.

Lieu de culte à la réputation sulfureuse, Westminster Hall est une église néo-gothique du XIXe siècle en plein centre ville mais le site abrite avant tout un cimetière, des caveaux et des catacombes. C’est ici qu’Edgar Allan Poe est inhumé, témoin silencieux du drame permanent de Baltimore.

L’église est une forteresse assiégée placée sous étroite surveillance. Wilde privilégie l’approche directe et déclenche le combat avec les gangers Yaotzin en poste devant le bâtiment. En quelques secondes, les rafales de balles et les démonstrations de pouvoirs se déchaînent au mépris de la Mascarade et de policiers opportunément aveugles. Dickens, Wilde et Doolin entrent en Frénésie et déchiquètent les Yaotzin pendant que Belmont s’insinue dans l’église.

Westminster Hall est une base d’opérations complète évoquant le fort Armistead du Chien. Accompagné d’un Gangrel monstrueux, Chandlers paraît enfin et Belmont sait que son effraction peut conduire à sa destruction en quelques secondes. Il décide d’être franc, dans la mesure du possible, et d’invoquer l’intérêt infiniment supérieur de la lutte contre le mal qui ronge Baltimore en exploitant la phraséologie manichéenne du Lancea Sanctum. Tandis que le combat fait rage à l’extérieur, Belmont se présente comme un être dont l’existence est guidée par la lutte contre les ténèbres et dont l’histoire du sang est celle du parfait sacrifice pour remporter la victoire. Entre blasphèmes involontaires et métaphores bancales, il suscite suffisamment l’intérêt pour ne pas être immédiatement exécuté.

Belmont offre de se joindre à Chandlers pour participer à sa guerre sacrée. Il reste à voir quels bénéfices pourront être tirés de cette alliance tortueuse et si les Cans acceptent les concessions qu’elle implique.

Baltimore et Westminster church

Il ne t’a pas fallu longtemps pour plier le genou devant le Faux Dieu, Belmont. Celui qui a banni les mots de pouvoir et éradiqué ton peuple. Nul doute que tu sers un intérêt supérieur. Espérons pour ta dignité qu’il ne s’agisse pas seulement de sauver ta peau.