Samedi 21 janvier 2017

Après avoir fui de l’appartement de Will Tenders, à Allentown, les Cans s’interrogent sur la conduite à tenir en établissant quelques constats.

  • Une puissance ancienne, une sorcière, a peut-être détruit le Comte d’Exeter et Rhadamanthe et traque les enfants de Cypher, Bets et Cans confondus ;
  • Les Bets et les Cans se sont retrouvés dans l’appartement de Will Tenders qui les a appelés à l’aide, les convoquant par Majesté. Leurs souvenirs ont été effacés par Domination ;
  • Les Cans étaient en train d’explorer les souterrains sous la tour Elyseum de Minoa lorsqu’ils se sont éveillés chez Will Tenders ;
  • Le nom de Billie, un informaticien en charge de l’installation des mystérieux ordinateurs qui délivrent leurs informations aux coteries de Bethlehem et New Canaan, est au cœur des interrogations de Tenders ;
  • Quelqu’un a veillé à prendre en charge la situation, mettant Tenders, Cans et Bets à l’abri le temps que le danger s’éloigne.

Il est également rappelé qu’un certain O. Reed (Horrid, Orid ?) est prêt à apporter son soutien si l’ancienne Verdena pouvait être convaincue de reprendre le contrôle d’Atlantic City.

Si retourner dans les profondeurs du building de Rhadamanthe est tentant afin de terminer ce qui avait été entrepris, il est décidé de se concentrer sur les événements les plus récents et Billie. Quelques recherches révèlent qu’il s’agit de Billie MacKeenan, un ancien employé de la société Helpdesk Lelight KDG qui fut en charge de l’installation des Pentium avant de disparaître de la circulation.

Une question à son sujet sur le Pentium de Bethlehem révèle un comportement étrange de la machine : une fenêtre de dialogue jusqu’ici inconnue apparaît, indiquant que Billie serait sans doute à l’instant même en train de lire les requêtes saisies sur la machine. L’interlocuteur s’exprime de manière cryptique mais il est possible de comprendre qu’il s’agit d’une figure d’autorité, peut-être maternelle, de tous les vampires de Cypher. Il dit ne pas avoir beaucoup de temps, le soleil se lève (en Europe ?) et il semble avoir manipulé les événements à distance de manière mettre Tenders hors de danger. C’est incompréhensible et tout à fait inattendu.

Belmont voit ce détail comme un signe clair et puissant. Il se lance dans une embarrassante diatribe : si quelqu’un espionne cette machine et se présente de surcroît comme une figure d’autorité, l’honnêteté de Cypher est à questionner. Bets et Cans se sont toujours vus comme des rebelles, des contestataires épris de liberté, fédérés dans l’optique de renverser un Dominion sclérosé et corrompu. Mais découvrir que le référent de leurs actions contre le Dominion, Cypher, n’a jamais présenté ces machines autrement que comme d’étranges sources d’informations est suspect. Pourquoi n’a-t-il jamais parlé de cette force qui les espionne ou les protège ? Qui est derrière les Bets et les Cans ? Finalement, ces deux Pentium semblent si précieux et évidents que chacun de leurs messages, articles ou révélations est accepté avec déférence et gratitude. Ils sont des figures divines révérées qui dispensent le savoir comme bon leur semble, dessinent des pistes soigneusement digérées et proposent des réponses que les vampires de Cypher absorbent avidement comme s’ils s’abreuvaient à la Vérité même. Quel meilleur moyen de manipulation ? Tous les conflits sont plein de factions idéalistes armées et financées par des pouvoirs occultes qui, finalement, leur dérobent leur victoire. Toutes les religions de pouvoir sont encombrées d’intermédiaires et de rites dont le moindre mot a force de loi. Ces ordinateurs ne sont pas des alliés mais des œillères, des entraves, une interface d’assujettissement consenti.

Il est envisagé que Billie, aka Psychobillie, l’IT-guy nerd mal dans sa peau attiré par les sciences occultes de pacotille, soit le monstre machiavélique derrière tout cela mais son profil et ses dates finissent par rendre cette option ridicule. D’autant que retrouver sa trace à Philadelphie est parfaitement évident. Beaucoup de bruit pour rien.

Billie est découvert inconscient devant son PC, au milieu de notes en démotique égyptien. Son refuge est un appartement pathétique mêlant misère sociale et négligence crasseuse. Le lieu recèle pourtant des trésors bien plus précieux que ceux de nombre de Maisons de Vie ou de places sacrées des temps anciens.

Will Tenders est dans la salle de bains, en torpeur, ses graves blessures en voie de guérison grâce à des emplâtres au parfum de sagesse millénaire.

Billie est celui qui alimente les bases de données des Pentium. Il rédige de sa main toutes les entrées et répond aux questions qui lui sont posées. Le délai entre une requête et ses résultats ne correspond pas à un traitement ni à une recherche. Il s’agit du temps de rédaction et il semblerait que Billie joue ce rôle depuis des années, au péril de sa vie. Il n’est qu’un esclave épistolaire, une interface humaine, un canal qui délivre aux Bets et aux Cans des informations qui lui sont transmises par l’entité qui l’a réduit à cet état.

Au centre de la pièce, au milieu de colifichets ésotériques et de cartons de pizzas, une urne funéraire du Nouvel Empire égyptien trône. Elle contient les restes d’un cerveau. Une vision saisissante, absolument bouleversante si l’on considère le nom gravé sur cette objet sacré : Nebetâh, fille d’Akhenaton. Une figure centrale de l’histoire Mekhet. Cet objet n’est pas seulement un souvenir émouvant, il est témoignage, pouvoir, source de vie et de sapience.

Belmont fait de son existence le naos qui préservera de l’impureté cette relique marquée du sceau de Seth. Pas le Seth destructeur et chaotique mais le Seth dévoué qui, pour sauver le monde, condamna ses prêtres à évoluer entre la vie et la mort afin d’être épargné par les démons convoqués par le néfaste Akhenaton. Des héros sacrifiés pour Maât. Condamnés à la dislocation, à la faim perpétuelle du Ka, à être au milieu de la balance. Mekhet.

Pour celui qui croit en les signes et sait les lire, tissés entre les mondes d’En-Haut et d’En-Bas, Nebetâh est le vampire qui guide les pas de la coterie et lui communique sa volonté depuis son lointain refuge (Europe, Afrique de l’Ouest ?). Relayée par la puissance d’un objet significatif, une ancre, en l’occurrence cette urne, elle projette son esprit dans le corps d’un hôte, comme Billie, dont elle use et abuse jusqu’à l’épuisement.

Si Nebetâh est cette puissance tutélaire, il convient de lui fournir une nouvelle interface ou de plus simples manière de communiquer. Belmont est volontaire et tandis que Hopkins et Dickens subissent poliment les envolées  de leur collègue endimanché, ils prennent en main Tenders et Billie.

Un pan important de l’histoire secrète des coteries vient d’être révélé et fait écho à l’image redoutable de la sorcière qui nous menace tous. Il est temps pour toi de plonger dans l’oubli, j’ai à faire.

Au fait, Belmont. Ton costume de Born Again Sethite te va à ravir.